Elliot Page, trans haut et fort
Elliot Page, trans haut et fort : « Quand on a le privilège de pouvoir s’exprimer et d’être entendu, il faut faire tout son possible pour parler des autres »
Le Monde, 02.06.2023
Premier (prrãmiê) homme à afficher (afichê,mostrar) sa transidentité (trrancidântitê) à Hollywood, l’interprète (lãn-terpret) canadien de « Juno » se prépare à recevoir une « énorme vague (onda) de haine (ênn, de ódio) ». A 36 ans, il publie le 7 juin (JUiÃN) un livre autobiographique, « Pageboy », alors (enquanto) que la question trans déchaîne (dêchênn, desencadeia) les passions aux Etats-Unis.
La photo est sans (sem) artifices. Un homme assis (assí, sentado) porte un marcel blanc (regata branca), qui dévoile (dêvuáll, revela) des biceps saillants (saiãnn), et une chaînette (chênétt, corrente) en argent autour (envolta) du cou (do pescoço). Il a la trentaine (trrãntênn, ele esta na casa dos trinta), les cheveux courts rasés sur le côté, des lèvres (lévrr, lábios) pleines (cheios) et ourlées (contornados). Dans le regard déterminé et doux du modèle (no olhar determinado e doce do modelo), l’acteur canadien Elliot Page, se mêlent (se misturam) du défi (desafio) et une certaine mélancolie. L’image est signée Catherine Opie, photographe et militante LGBT, et apparaît en couverture de Pageboy, l’autobiographie du comédien qui sort en France le 7 juin dont le titre est un jeu de mots entre son nom de famille et le mot pageboy signifiant « valet ». Depuis des mois, l’ouvrage est l’objet d’une réelle attente (Há meses, a obra é objeto de real expectativa". Les rumeurs circulent sur le montant du contrat à plusieurs millions de dollars (la somme exacte restant confidentielle) avec Flatiron Books, filiale du géant américain de l’édition Macmillan. Et le livre est en cours de traduction dans une quinzaine de langues.
La carrière d’Elliot Page, qui s’étend sur plus de deux décennies, est marquée par quelques succès (suk-sé): Juno, de Jason Reitman, en 2007 (qui lui a valu une nomination aux Oscars), des rôles chez Christopher Nolan (Inception), Drew Barrymore (Bliss), deux volets (duas voltas) de la saga X-Men (L’Affrontement final, Days of Future Past)… Au générique de tous ces films, il apparaît sous un autre nom: celui d’Ellen Page, son prénom de naissance (nêssance), donné par ses parents, lui qui est né dans un corps de fille. C’est ainsi (ãnsi) qu’il a été connu publiquement (publik-mon), comme une actrice en vogue à Hollywood, non pas une immense star mais une personnalité identifiable (ídãntifiable). Jusqu’à ce jour de décembre 2020, et, sur Instagram, un long message sans photo qui commençait ainsi : « Bonjour les amis, je voudrais vous annoncer que je suis trans, mes pronoms sont il/lui et mon prénom est Elliot. »


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