Everest, les 70 ans de la première ascension : deux hommes, une fascination et quelques échecs
Le 29 mai 1953 (mil neuf cent cinquante trois), le Népalais Tenzing Norgay et le Néo-Zélandais Edmund Hillary sont les premiers à se hisser (içar, elevar, subir) à 8.848,86 mètres d’altitude. Depuis, le pouvoir d’attraction du « Toit du monde » demeure intact. Le journaliste Jean-Michel Asselin et l’alpiniste Marc Batard, tous deux septuagénaires, racontent leurs expériences.
Le Monde 29.05.2023
Les drapeaux (bandeiras) de prière multicolores flottant au vent, à l’entrée du jardin, sur les berges de l’Isère, livrent un premier indice, vite confirmé par les titres sous lesquels croule la bibliothèque. Jean-Michel Asselin en pince sérieusement pour l’Everest. Cette « érection tectonique », comme il se plaît à nommer le point culminant du globe (8 848,86 mètres), a inspiré au journaliste et écrivain de 71 ans des centaines d’articles. Il en a conté l’histoire sur les planches du Théâtre du Rond-Point, à Paris, en a tiré des romans autobiographiques, et enfin, en avril, Une histoire de l’Everest (Glénat, 190 pages, 25,95 euros), entre guide historique et dictionnaire amoureux.
« 1989, 1990, 1991, 1992 et 2003…, égrène-t-il. En cinq expéditions, j’ai passé plus d’un an de ma vie sur cette montagne sur les flancs de laquelle j’ai dormi onze nuits à plus de 8 000 mètres, sans jamais parvenir au sommet. » Le natif de Saône-et-Loire, fils d’un ouvrier et d’une buraliste, reconnaît n’avoir « jamais été un grand alpiniste ». « L’Everest, c’était comme la Lune, ça ne faisait pas partie de mon univers », dit-il. Mais sa qualité de journaliste spécialisé en montagne lui a donné accès aux cimes du monde entier.

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