Racisme dans le football : l’affaire Vinicius force l’Espagne à réagir

Deux jours après de nouvelles insultes proférées contre l’attaquant du Real Madrid, à l’origine d’une vague d’indignation internationale, plusieurs voix dénoncent une certaine complaisance des instances face à un fléau qui gangrène les stades.


« Vinicius, eres un mono. Eres un mono », « Vinicius, tu es un singe. Tu es singe », chantaient en chœur des dizaines de supporters de l’équipe de football de Valence, alors que l’attaquant brésilien du Real Madrid descendait du bus, dimanche 21 mai. « Mono, mono », a repris, plus tard, depuis les gradins du stade de Mestalla, un groupe de spectateurs de la tribune sud, en imitant les gestes d’un primate. Vinicius Junior les a vus, il a explosé, les a pointés du doigt. Puis, le joueur s’est approché, leur a reproché leurs gestes.

Il attendait sans doute une réaction des instances sportives: que le match soit arrêté et les responsables des insultes exclus de l’enceinte. Mais après dix minutes de tension et un avertissement aux supporteurs valenciens par haut-parleurs, la rencontre a repris. En fin de partie, le Brésilien a été expulsé pour une échauffourée avec l’avant-centre Hugo Duro, qui lui n’a pas été sanctionné par l’arbitre. Les huées de centaines de locaux ont redoublé, sans qu’il ne soit clair s’ils criaient « tonto » (idiot) ou « mono » (singe). Qu’importe, le mal était de toute façon fait.

Le soir même, Vinicius Junior se fendait d’un message sur le réseau social Instagram : « Le racisme est quelque chose de normal dans la Liga [le championnat espagnol]. La compétition le considère normal, la Fédération aussi et les rivaux l’encouragent. Je le regrette. »

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